Un permis de construire pour un nouveau projet résidentiel dans le Quartier des Lacs a été accordé fin mars. Conçu par Gabriele Tagliaventi et Maurice Culot/Arcas Paris pour le groupe Promogim, cet ensemble de 90 appartements et 5 maisons prendrait place le long du Cours de l'Elbe (la voie nouvelle nord-sud qui reliera l'hôtel-de-ville au centre de secours), en mitoyen de l'opération Bouwfonds-Marignan "Cité des Arts" et en vis-à-vis du futur groupe scolaire du quartier. La parcelle est également délimitée au nord par une nouvelle rue, la rue des Scandinaves :
Comme c'est l'usage pour les projets développés "In Disney", (par opposition au "hors Disney", pour reprendre l'expression utilisée par l'EPAFrance), le conception de ce projet s'appuie sur un récit.
Ce récit s'inscrit dans la continuité de ceux développés par les autres projets du quartier, puisqu'il s'agit encore ici de recréer l'idée d'une sédimentation au fil des siècles autour d'un élément remarquable.
Après l'amphithéâtre antique de la place de Toscane, l'hôtel particulier et ses communs au Carré Elysée, l'îlot s'organise ici autour d'une villa construite "par un cardinal italien proche de Marie de Médicis, qui aurait accompagné celle-ci à Paris en 1600 à l'occasion de son mariage avec Henri IV".
Le dossier de permis de construire détaille plus précisément cette histoire inventée :
"Ce cardinal interessé par les cathédrales gothiques et en particulier celle magnifique de Meaux, aurait fait construire une villa de style italien à proximité d'une ancienne voie conduisant de Paris à Meaux.
Le cardinal n'était qu'un proche de Marie de Medicis, mais la villa fut bientôt connue sous le nom de Villa Medicis.
La propriété et la villa furent pillées pendant la Révolution et les écuries détruites. Les jardins tombèrent à l'abandon.
Vers 1830, après la Restauration, les cartes anciennes font déjà état d''un premier lotissement fait de maisons individuelles élevées le long de l'ancienne route vers la cathédrale Saint-Etienne de Meaux.
Le développement économique et la croissance démographique du XIXè siècle modifient progressivement le site. Des îlots urbains sont édifiés autour des ruines de l'ancienne villa, puis celles-ci sont flanquées d'immeubles mitoyens. L'ancien jardin à l'italienne subiste au coeur de l'îlot."
La traduction concrète de cette jolie histoire est la suivante :
- le long des avenues, on trouve des immeubles urbains avec des gabarits allant du R+2+combles au R+4. Afin de préserver une cohérence à l'échelle du quartier, ces immeubles déclinent, comme les projets précédents, le thème du Paris pré-haussmanien qui donnera son atmosphère aux rues du Quartier des Lacs : on retrouve ici encore des façades aux tons de plâtre, des persiennes blanches, des citations néo-classiques, une grande variété de toitures, des souches de cheminées puissantes. Evolution notable par rapport aux projets précédents, qui traduit la progressive montée en gamme constatée sur le secteur, les immeubles présentent tous un soubassement revêtu de pierre calcaire. Malheureusement, et cela devient franchement inexcusable, ils sont toujours dotés de fenêtres en PVC, humpf ...

- A l'intérieur de l'îlot, le promeneur curieux découvrira la "villa à l'italienne", divisée en appartements, visible en transparence au travers des porches traversants des immeubles, mais surtout le long de la voie piétonne qui bordera l'opération à l'Est et débouchera sur la rue des Scandinaves :

- Et enfin, le long de la limite Sud du projet, cinq maisons de ville très néo-classiques d'une hauteur oscillant entre R+combles et R+2. Ces maisons prennent place le long d'une autre voie piétonne, en vis-a-vis des maisons déjà prévues à la "Cité des Arts". L'accès à cette allée piétonne, situé le long du cours de l'Elbe, est marqué par une belle arche en pierre. Cette allée devrait être entièrement pavée et bordée d'arbres.
Comme tous les ensembles résidentiels du Centre Urbain, ce projet comportera un jardin intérieur aménagé sur la dalle du parking souterrain. Mais si la thématisation des éléments paysagers, bien qu'existante, est moins évidente sur les projets précédents, le jardin intérieur de la Villa Médicis traduira très visiblement l'idée d'un jardin méditerranéen abandonné puis progressivement remis en ordre : des pins parasols, des chênes verts et des buis des Baléares, que l'on ne croise que rarement à l'état naturel dans la Brie, pousseront librement sur des parterres d'acanthes un peu sauvages ou de pelouse fleurie, parterres bordés de buis, correctement taillés eux. Enfin, le cardinal italien étant non seulement passionné d'architecture gothique, mais aussi de botanique, le jardin sera ponctué de 23 grands pots de terre cuite plantés d'essences variées et très florifères (glycine, jasmin, rosiers grimpants ...)
Enfin, même si le dossier de permis de construire est comme toujours assez discret sur l'aménagement intérieur des immeubles, on peut y apercevoir des choses prometteuses comme des plafonds voutés dans certains halls, des colonnes et revêtements de marbre rouge dans un autre (et enfin des boîtes à lettres bien intégrées), des terrasses revêtues de pierre (reconstituée certes, mais c'est toujours mieux que les dalles béton ou les caillebotis en pin autoclavé), ou encore de très belles hauteurs sous plafond dans certains logements (par exemple 3 mètres au RDC des maisons, et même 3,30m au rez-de-chaussée de la Villa ...), qui promettent une réalisation encore plus aboutie que celles que nous connaissons déjà.